Tours et Orléans ne croyaient pas aux vertus du chemin de fer. Il fallut bien un jour que ses habitants soient en mesure de prendre le train. On construisit à la hâte, en plein champ, des cabanes de fortune enfin reliées au réseau que le pays tout entier avait plébiscité.
L'histoire des techniques et de l'innovation est ponctuée de ces épisodes de résistance au changement qui débouchent sur des capitulations peu glorieuses. Avec Internet, le problème ne se pose pas. Le réseau s'est auto-créé et il est devenu tout à la fois légitime et mondial le jour où la communauté des savants et des chercheurs en a fait son outil de discussion. Mais le déploiement massif du réseau, planté sous toutes les latitudes et ouvert à toutes les couches de la société, ne va pas sans soulever des interrogations sur les zones d'ombre de sa marche triomphale.
Internet est une évidence. Le numérique façonne déjà l'art de vivre de la génération des moins de 30 ans, partout dans le monde. Personne ne doute qu'au lendemain de la crise économique mondiale, il sera l'un des leviers de la « nouvelle croissance ». Autant profiter de la grande parenthèse conjoncturelle d'aujourd'hui pour contenir les risques de dérives sur une place publique virtuelle où l'échange de « pair à pair » se pratique dans la plus totale liberté.
Les péchés capitaux d'Internet, tout le monde les connait : risques d'atteintes à la vie privée, contrefaçon, vol d'informations confidentielles, cybercriminalité, pornographie, pillage d'œuvres intellectuelles, manipulations de marché, etc. A la veille d'une reprise économique mondiale susceptible de se produire dans une certaine confusion, Présaje.Com a souhaité consacrer la quasi-totalité de ce numéro aux conditions de fonctionnement - vues de France - de la plus vaste place de marché de la planète.