Parmi les maux qui affectent la démocratie, le moindre n'est pas le manque d'information dont souffrent les citoyens et les décideurs. Paradoxale en apparence, l'affirmation correspond pourtant bien à ce que chacun ressent devant l'avalanche permanente des messages de toutes sortes dont il est accablé.
Depuis deux ans, les médias ne cessent de « couvrir la crise financière », multipliant annonces, échos, analyses et avis d'experts. Parfois, la question paraît éclaircie, avant que la confusion ne revienne à son comble.
La plupart des acteurs et commentateurs ont fait semblant de croire que le déversement de liquidités nouvelles constituait le remède éprouvé. On commence maintenant à percevoir que si cette méthode peut valoir pour le court terme, elle constitue pour le moyen terme un risque sérieux de nouvelle crise. Le flou de l'information entretient l'inquiétude, donc l'instabilité des marchés, mais aussi la réserve des consommateurs et de l'opinion.
Incompréhension égale inquiétude
Or, dans une économie mondialisée et dans la société de communication, l'opinion pèse de plus en plus lourd, alors même que les autorités politiques traditionnelles ont de moins en moins de prise sur l'économie. Le pouvoir semble en fait s'atomiser sur une infinité de décideurs dont la capacité de savoir et de comprendre devient déterminante.
A qui imputer la responsabilité de cette situation ? Aux insuffisances des médias ? A la duplicité des banquiers mercantiles ? A l'incapacité des politiques à dépasser le court terme électoral ? Au dogmatisme ou à l'ignorance des experts ?
Des questions voisines avaient déjà guidé Presaje, il y a quelques années, dans sa démarche pour établir un lien entre l'économie et la société d'une part, et le droit d'autre part. Cet effort demeure nécessaire, mais les problèmes doivent désormais être pris plus en amont.
Tel est l'objectif que se fixent « Les Amis de Presaje » à travers la nouvelles collection « Premices ».
Personne ne détient la vérité. Mais personne ne peut, non plus, se dégager de la part de responsabilité qui lui revient.