La responsabilité collective a été inventée pour expliquer les échecs que l'exercice de la responsabilité individuelle aurait permis d'éviter.
Cette dérive sape, jour après jour, la règle du jeu démocratique qui comporte pour chaque individu :
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la reconnaissance de sa responsabilité individuelle à l'égard des autres et l'acceptation du prix à payer pour les conséquences de ses actes ;
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l'obligation de respecter la loi en contrepartie de la garantie qu'elle est applicable à tous ;
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la sécurité accordée à chaque individu, par l'organisation judiciaire qui fait appliquer la loi dans le respect de la vertu première de la justice : protéger l'innocent injustement accusé.
Les bouleversements introduits dans les sociétés modernes par la globalisation, comme les risques de perte d'identité des communautés nationales, ont conduit à multiplier les normes, les lois, les procédures de toutes sortes dans le but de maîtriser les effets de cette évolution.
Ce système normatif, procédurier, a développé des références contraignantes de conformité collective qui ont remplacé l'adhésion individuelle à la Loi.
Cette pratique perverse pousse à juger les actes en fonction du respect des procédures et non plus en fonction des dommages causés.
Cette évolution est très spectaculaire au sein de l'organisation judiciaire, domaine hypernormatif par nature.
Il arrive que la loi soit elle-même bafouée, lorsqu'il apparaît que l'égalité entre les individus face à leurs justes condamnations est rompue, au profit de ceux qui s'en sont affranchis pour des motifs qui font triompher la légitimité de la procédure contre celle de l'éthique la plus élémentaire.
Pire : cette dérive favorise le développement de comportements d'absolutisme monarchique de dirigeants d'entreprise qui succombent, dans le respect des procédures, aux pulsions d'une boulimie financière personnelle excessive au détriment de l'image et des intérêts dont ils ont la charge.
Comment lutter contre cet insidieux dérapage ?
En revenant aux règles de gouvernance qui s'installent, justement, par l'ouverture des échanges, et ont permis à la sphère économique de réagir efficacement sous l'aiguillon de la concurrence, c'est-à-dire en remettant la responsabilité individuelle à l'endroit qu'elle n'aurait jamais dû quitter.
Présaje va engager une réflexion de fond sur ce sujet primordial.