Où va le sport d'élite ?
Franck Nicolleau aborde les transformations socio-économiques que traverse le sport d'élite et analyse les enjeux liés à la marchandisation de l'image des athlètes, à l'émergence du dopage numérique et à la quête de performance. Il s'interroge sur les limites à fixer et la nécessité de concilier performance et humanisme dans un monde où le sport est devenu un véritable spectacle médiatique et économique.

Adulé, envié, imité ou détesté, le sportif d'élite est devenu un acteur social incontournable. Son image n'a jamais été autant utilisée par les médias, les entreprises ou les politiques. Ses performances n'ont jamais été aussi impressionnantes que ces dix dernières années.

Parallèlement, une marchandisation opaque de la valeur de certains athlètes se profile, les arènes sportives tendent à se transformer en arènes marchandes, le sport-spectacle se mute en sporttélé, les scientifiques annoncent l'avènement du dopage génétique et numérique...

Face à ces bouleversements socio-économiques, où va le sportif d'élite ? Que faire ? Mieux réguler ?

Comment ? Jusqu'où ?

Telles sont les questions auxquelles notre groupe de travail, réunissant une pléiade d'experts du droit, de l'économie et du sport, a tenté de répondre. De là est né le dernier ouvrage de l'institut PRESAJE : "Où va le sportif d'élite ? Les risques du star system".

Dans la première partie où il est question du rapport sportif/société, on y annonce l'émergence, à terme, d'une "véritable puissance économique autonome exclusivement attachée au sport", faisant du sportif d'élite "l'homme de spectacle (télévisé) par excellence" mais aussi un redoutable businessman.

Quels choix économiques prendre et pour quels risques ? Et sur quels fondements juridiques l'exploitation de l'image d'un sportif peut-elle être monnayée ? Droit et économie sont intimement liés dans l'environnement du sportif.

Le sportif d'élite est un nouveau type de travailleur exerçant un métier dont l'objet est de produire des performances dans un domaine d'activité où il peut toutefois se demander s'il a intérêt à être loyal.

Une analyse strictement économique lui répondra qu'il a tout intérêt à avoir recours au dopage. Plus surprenant encore est ce nouveau venu dans l'aide à la performance : le dopage numérique.

Où sont alors les limites ? Et comment les fixer ?

D'ailleurs, est-on véritablement fondé à reprocher au sportif d'élite de se doper dans une société qui prône partout la performance ? Mais à ce rythme-là, qu'en sera-t-il en 2050 ?

Il faudra bien, d'une manière ou d'une autre, trouver le moyen de concilier performance et humanisme.

Comment ? L'ouvrage lance quelques pistes par analogie avec les pratiques du marché globalisé de la finance. A suivre...

En 2008, Pékin nous en dira plus.