Nouvelle Donne, Nouveaux Risques
Jean-Pierre Petit analyse les nouveaux risques, pour l'économie mondiale, liés à la montée du terrorisme et ses impacts sur les entreprises, les assurances, la sécurité et la confiance.

La situation géopolitique internationale, depuis le début des années 2000, a radicalement changé.

Certes, les dividendes de la paix encaissés au cours de la dernière décennie - du fait de la disparition de l'URSS et du Pacte de Varsovie - ne sont pas remis en cause ; mais il y a une nouvelle donne.

Comment la montée du terrorisme n'aurait-elle pas un impact négatif sur la croissance et sur la prime de risque exigée par les investisseurs sur les actions (1) ?

Le terrorisme est devenu plus "efficace" au cours de ces dernières années, par son caractère "globalisé", le renforcement de ses moyens techniques et la capacité des terroristes à sacrifier leur propre vie. De surcroît, la taille et la vulnérabilité des cibles potentielles, incluant notamment des zones fortement touristiques ou abondamment peuplées, changent les dimensions du problème.

L'impact du terrorisme sera multiforme et pèsera de plus en plus sur le monde des affaires. A commencer par la hausse des primes d'assurance et de réassurance, ainsi que la restriction des couvertures de risque, sachant que le risque terroriste pose des problèmes complexes aux assureurs : absence de pertinence des séries statistiques sur l'évaluation du risque, identification aléatoire des victimes potentielles, difficultés à mutualiser le risque ainsi qu'à le tarifer. Surtout, les pertes potentielles dépassent les capacités des assureurs privés.

La montée du terrorisme augmente aussi les coûts publics et privés de sécurité. Cela va entamer la "confiance", car l'effet du terrorisme n'est pas limité dans le temps, comme le serait une catastrophe naturelle. Les attentats tendent aussi à ralentir la marche des affaires. Certains secteurs fortement pourvoyeurs d'emplois comme le tourisme, le transport aérien ou les loisirs peuvent être plus particulièrement affectés sur une longue période.

A nouvelle donne, nouvelle gestion, nouveau droit : il nous faudra adapter nos instruments.

(1) Voir sur ces points Jean-Pierre Petit "La Bourse, rupture et renouveau" (Odile Jacob). Prix Turgot du meilleur livre d'économie financière 2003.