- Patrick Simon, avocat au barreau de Paris, président de l'Association française de droit maritime
Monsieur Riva nous a indiqué que les thoniers étaient protégés par des fusiliers marins embarqués. Qui finance cette protection : les armateurs ou les contribuables français ?
- Yvon Riva
Lorsque les militaires interviennent sur un théâtre d'opérations, ils perçoivent une prime qui s'ajoute à leur traitement de base. Nous payons le montant de cette prime, ainsi que les frais de déplacement, la partie logistique et certains frais annexes.
Le recours à des sociétés privées armées
- De la salle
Quelle est la position d'Armateurs de France et du groupe Total sur l'opportunité de disposer de sociétés privées armées à bord ?
- Anne-Sophie Avé
Armateurs de France réunit une centaine d'armateurs, qui contrôlent au total un millier de navires, dont deux cents sous pavillon français. Pour ces derniers, la question ne se pose pas, puisque le droit français ne nous permet pas d'embarquer des sociétés privées ni des armes. Les armateurs français de navires qui opèrent sous pavillons européens ou tiers recherchent en priorité toutes les solutions avec l'État français pour assurer une protection légale et professionnelle. Quand aucune solution ne peut être trouvée et que le navire ne peut être dérouté (par exemple s'il s'agit d'une liaison entre Madagascar et la Tanzanie), nous devons nous débrouiller pour défendre nos navires par nos propres moyens.
- Jérôme Ferrier
La position du groupe Total sur cette question est claire. Dans les pays où nous intervenons, nous sommes défendus par les forces armées nationales, que ce soit en mer ou sur terre. La seule exception est l'Irak : à l'heure actuelle, il est impossible d'employer des salariés en Irak s'ils ne sont pas protégés par une société privée armée. En ce qui concerne la piraterie maritime, nous ne sommes pas en première ligne pour la décision, car nous ne sommes pas armateur. Mais en tant qu'affréteur, nous sommes également très exposés, car toute cargaison qui serait détournée ou ferait l'objet d'une prise d'otages aurait un impact sur notre image. C'est pourquoi nous nous attachons à nous aligner très strictement sur les positions officielles françaises.