Introduction : Justice, la réforme, le dos au mur
Propos introductifs de la treizième manifestation des Entretiens de Saintes. Cette année, le thème central est la réforme de la justice, un sujet brûlant d'actualité après l'affaire Outreau. Les intervenants mettent en lumière les enjeux de la réforme et la nécessité d'un débat public serein sur ce sujet crucial.
  • Bernadette SCHMITT

Mesdames et messieurs les magistrats, mesdames et messieurs les membres du Barreau, mesdames et messieurs de la presse locale et nationale, c'est toujours un honneur et un plaisir de vous accueillir dans ce site majestueux de l'Abbaye aux Dames de Saintes, qui se prête bien aux débats de haute tenue que nous allons avoir.

Il me revient de remercier Xavier de ROUX, notre député, qui, pour la treizième fois, a organisé ces entretiens de Saintes avec toujours le même succès, et je crois que, cette année, nous sommes plus de 250 à participer à ces Entretiens.

Pourquoi ce succès ? Parce que vous avez su, par les sujets abordés, coller à l'actualité. J'ai recherché quelques sujets qui ont été abordés à Saintes :

En 1994 les premiers Entretiens : "L'agriculture, le juge et le financier", En 1999 : "Au nom du peuple français", En 2000 : "Faut-il toujours un coupable ?", En 2004 : "Le droit à la vengeance", Et en 2006, l'an dernier : "La justice à l'épreuve du temps".

Cette année, il va s'agir de la réforme de la justice, et nous savons, le procès Outreau l'a clairement démontré, que ce n'est pas une petite affaire.

Pourquoi et comment réformer la justice ? Une double question qui appellera bien des commentaires et des réflexions.

Est-ce seulement une question de moyens, d'utilisation de ces moyens ou d'organisation ? Est-il raisonnable et efficace de rendre la justice après 23 heures ? Notre justice a-t-elle besoin d'être modernisée pour plus de rapidité dans ses décisions ? Quelle aide ? Quel montant pour l'assistance juridictionnelle ? Faut-il revoir ou resserrer le secret de l'instruction ? Comment organiser le suivi dans des centres de détention débordés ? Un vrai problème, nous en savons quelque chose à Saintes.

Les citoyens que nous sommes ont besoin d'avoir foi en la justice.

Poser ces problèmes sur la table des entretiens de Saintes, en débattre sereinement, publiquement, ne peut que nous aider et nous rassurer.

Je vous souhaite à toutes et à tous un excellent séjour à Saintes et d'en repartir avec au cœur le sentiment d'avoir faire quelque chose pour la justice de notre pays. Et merci d'être venus chez nous.

  • Xavier de ROUX

Madame le maire, mesdames, messieurs les hautes personnalités, chers amis.

D'abord, madame le maire, merci pour votre accueil. La ville de Saintes, chaque année, abrite ces Entretiens à l'Abbaye aux Dames, qui sont devenus grâce à vous depuis un certain temps maintenant un lieu où l'on parle de la justice.

On en parle beaucoup, les choses évoluent, je pense que, déjà, nos entretiens de l'an dernier, étaient prémonitoires puisque nous nous demandions s'il ne fallait pas ravaler les façades d'une institution qui semblait quelquefois prendre un coup d'ancienneté.

Cette année, l'affaire dite d'Outreau, et surtout les résultats de la commission parlementaire qui a suivi, ont lancé réellement le débat dans ce pays d'une vraie réforme de fond de la justice. Je veux saluer ici André VALLINI, qui était le président de cette commission, Philippe HOUILLON, président de la commission des lois qui en était rapporteur.

Cette commission a abouti à un certain nombre de propositions qui, une fois n'est pas coutume, ont été approuvées à l'unanimité de ses membres, toutes tendances politiques confondues. Je crois que c'est là, réellement, un événement.

Une nouvelle période de notre histoire va s'ouvrir avec le nouveau quinquennat, et il est certain que la réforme de la justice sera au cœur du débat et au cœur de l'évolution de la société française parce que c'est une nécessité. C'est la raison pour laquelle, cette année, les entretiens de Saintes se focalisent sur ce sujet.

Je vous propose de commencer par entendre les deux patrons de la commission parlementaire, si je puis dire, puis ensuite d'intervenir sur ce qu'ils vous diront, j'espère unanimement, et de passer des critiques aux propositions.

Monsieur le bâtonnier Lacaze, qui êtes le modérateur de ce plateau, je vous cède la parole.