Fraternité, solidarité, responsabilité
Les réactions de solidarité suite au tsunami de 2004 amènent Michel Rouger à une réflexion sur la responsabilité des sociétés humaines face aux catastrophes naturelles.

L'effroyable cataclysme qui affecte l'Asie depuis Noël 2004 entraîne des élans de fraternité et de solidarité, mondialisés par les médias qui les mettent en valeur.

C'est évidemment heureux et nécessaire. Est-ce suffisant ? Non.

Car un effort de réflexion et d'action sur la responsabilité des sociétés humaines s'impose.

La pensée moderne, dominante, réputée correcte, sous l'influence d'un naturalisme rénové et rebaptisé écologie, a décidé qu'il fallait protéger la pauvre nature contre les conséquences de l'activité des méchants hommes.

Comme on ne sait pas ce qui, dans ce naturalisme, ressort de la science ou du tabou, nous dirons que c'est bien. En attendant de voir comment le principe de précaution, règle suprême, résistera à son application.

Mais acceptons, sans briser le tabou, de considérer qu'il faut aussi protéger le pauvre homme contre les conséquences des activités de la méchante nature. Qu'un autre principe de précaution, favorable à l'homme, puisse prendre tout son effet sans être annihilé par les règles de celui qui protège la nature. Il n' y a pas d'opposition mais une simple complémentarité entre ces deux principes.

Il reste encore beaucoup d'inventions à mettre en oeuvre pour faciliter la prévention des horreurs récemment vécues, ou pour accélérer le traitement de leurs conséquences. A condition que l'écologie voie plus loin que le bout de son jardin et laisse vivre les inventeurs, sans les accabler des contraintes économiques, juridiques et judiciaires qui sont les fondements de l'actuel principe protecteur de la nature.

Après les excès de la foi "scientiste", voici que se profilent les risques de la "précautionnite", particulièrement mal venue au moment où le monde développé - singulièrement l'Europe - aurait besoin d'un souffle créateur et d'un nouvel élan.

Il serait peut-être temps de rétablir l'équilibre.