Conclusion du Colloque sur la Piraterie
Propos de conclusion de Michel Rouger, président des Entretiens de Royan, exprimant sa gratitude envers tous les participants et contributeurs au colloque et rappellant l'histoire de la piraterie dans la région de Royan ainsi que la transformation de la presqu'île d'Arvert en zone touristique moderne.
  • Michel Rouger, président des Entretiens de Royan, président honoraire du tribunal de commerce de Paris

Je souhaite exprimer mes remerciements très sincères à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette journée, que ce soit à raison du lieu : la Ville de Royan, le département de la CharenteMaritime, qui nous accueillent et nous aident avec beaucoup de gentillesse, la région Poitou-Charentes, qui nous apporte son soutien; à raison de la matière : les nombreuses institutions opérant dans le domaine juridique ou judiciaire, qui se sont associées à la préparation de cette journée; ou à raison de la personne : tous les intervenants qui ont pris la parole au long de nos débats. J'ai organisé une quinzaine de journées de ce type dans le cadre saintongeais et je me réjouis que, depuis deux ans, Bernard Delafaye ait pris le relais avec une telle maestria. Il a su trouver, en Patrick Mairé, un modérateur qui a en réalité joué le rôle d'un véritable animateur. Je les félicite tous les deux, ainsi que la secrétaire générale de Presaje Marie Rouger-Perrier, qui, avec Marianne Partout, a joué un rôle déterminant dans la préparation logistique de cette rencontre.

L'organisation, à Royan, de cette journée consacrée à la piraterie peut apparaître comme un clin d'œil à l'histoire. Il y a huit siècles de cela, la presqu'île d'Arvert, d'une superficie de vingtcinq kilomètres sur dix, située au nord de Royan, était une zone marécageuse et sablonneuse, très insalubre. Les malheureux qui y vivaient n'avaient rien à envier, en fait de misère, aux Somaliens d'aujourd'hui. Ils tiraient également leur subsistance d'une activité de piraterie : sous les ordres d'un dénommé Cadet, ils passaient leur temps à détourner, naufrager et piller les navires faisant commerce entre la région de Bordeaux, l'Angleterre et la Hollande.

Les armateurs de l'époque qui, contrairement à ceux de nos jours, acceptaient sans difficulté que leurs bateaux soient armés, se sont rapprochés de l'autorité, incarnée alors par Aliénor d'Aquitaine, la plus grande reine de France, celle qui a exercé son pouvoir des deux côtés de la Manche. Aliénor, en leur permettant d'appliquer la règle antique du talion, a réussi à débarrasser la presqu'île d'Arvert des naufrageurs, de leur chef Cadet et de tous les dispositifs ingénieux qui leur permettaient d'attirer les navires de commerce vers les passes sablonneuses.

Quelques siècles plus tard, les marais ont été asséchés et, il y a 170 ans, on a planté la forêt de La Coubre sur cette zone. Lorsque dans les années soixante-dix, la commune des Mathes a créé sur cette presqu'île une zone touristique moderne, elle a voulu rendre hommage à Aliénor d'Aquitaine, qui avait su nettoyer la région de tous ses méchants opérateurs. C'est pourquoi elle a donné à la nouvelle zone touristique le nom de La Palmyre, en souvenir d'un haut dignitaire mahométan avec lequel Aliénor avait eu une aventure sentimentale au cours de l'une des croisades dans lesquelles cette reine s'était illustrée.

En grattant un peu dans le sable de Royan, on s'aperçoit ainsi que la question de la piraterie a été, autrefois, intimement liée à la vie des gens de ce pays. En vous remerciant d'avoir porté toute votre attention à ces travaux, je déclare la séance levée et vous souhaite une bonne soirée à Royan.